Découverte d'un parasite des frelons asiatiques

15/02/2017 - 13:08 -- Jean-Luc Strebelle
conops vesicularis - actualité UFAWB

Ce 11 juillet 2014 ; une information fait le buzz sur internet. Éric Darrouzet, Jérémy Gévar et Simon Dupont, chercheurs à l’université de Tours, viennent de publier une note scientifique dans la revue Apidologie sur un «parasitoïde» qui peut infecter la reine des frelons asiatiques.
Dans leur communiqué de presse, ces scientifiques racontent que c’est en suivant, l’été dernier, le développement d’une douzaine de colonies de frelons asiatiques qu’ils sont tombés, par hasard, sur deux cadavres de reine de frelon. Des expertises ont alors été conduites pour déterminer de manière sûre la cause de la mort de ces reines. Elles avaient été parasitées par une larve d’insecte !. En récupérant l’ADN des 2 insectes (l’hôte et le «parasitoïde»), les chercheurs ont pu retrouver « le tueur de frelon », une espèce commune de mouches en France (conops vesicularis) de 0,8 cm de longueur dont la femelle va pondre un oeuf sur le ventre d’un insecte. «C’est un phénomène entièrement naturel. Entre la fin juin et le début juillet, lors de l’extension de son nid, pendant sa sortie, la reine des frelons peut être infectée par cette petite mouche qui vient pondre un oeuf sur elle. Quand l’oeuf éclot, la larve pénètre dans son abdomen. Durant les treize jours qui suivent, la larve de ce parasitoïde dévore alors les organes de la reine et la tue, ce qui entraîne la fin probable du nid de frelons asiatiques», raconte Eric Darrouzet.
Comme dans les deux cas observés il s’agissait d’une reine de frelon asiatique, les chercheurs ont immédiatement vu une piste à explorer dans la lutte contre cette espèce tant redoutée par les apiculteurs. Cette mouche est endémique de nos régions mais il faut vérifier maintenant une chose importante : va-t-elle pondre sur plusieurs types d’insectes, ou uniquement sur le frelon asiatique ? Si le conops vesicularis s’en prend à d’autres insectes, la multiplication de cette mouche serait un remède qui risquerait d’engendrer de gros dégâts collatéraux sur la biodiversité. « Et quand bien même ne parasiterait-il que le frelon, est-il techniquement possible de l’utiliser dans le cadre d’une lutte biologique contre le frelon asiatique ? » prévient Eric Darrouzet

Article compilé par Jean-Luc Strebelle