Le Varroa mime « l’identité chimique » de l’hôte qu’il parasite

30/07/2015 - 22:29 -- Jean-Luc Strebelle

La revue Biology Letters publiait ce 3 juin 2015 les travaux des chercheurs de l’Université de Tours et de l'INRA à Avignon qui démontraient, en collaboration avec des collègues américains de l'université d'État du Michigan et chinois de l'université de Nanchan, comment le Varroa a la capacité d'imiter la composition chimique de la cuticule de nos abeilles et, ainsi, d’échapper au comportement hygiénique.  La cuticule des abeilles est constituée d'un mélange d'une cinquantaine d’hydrocarbures qui servent à la communication chimique au sein de la colonie. Les abeilles sont, en effet, capables de reconnaître la composition d'une cuticule et d'identifier, de cette manière, l'âge d'un individu (dans sa relation sociale avec les autres abeilles de la colonie) et si cet individu fait partie de leur espèce (pour détecter la présence d’un parasite).  L'analyse des hydrocarbures cuticulaires menée par ces chercheurs a démontré que les acariens issus de colonies d'abeilles asiatiques sont de meilleurs imitateurs que ceux provenant d'abeilles européennes mais que la longue co-évolution entre Varroa destructor et Apis cerana a semble-t-il permis aux abeilles asiatiques de développer des comportements plus adaptés à la lutte contre le parasite. A l'inverse le passage relativement récent de l'acarien chez Apis mellifera explique pourquoi l'abeille européenne a du mal à détecter le parasite.  Ce système hôte parasite offre donc une belle illustration de la « course aux armements » à laquelle peuvent se livrer deux organismes vivants au cours de leur évolution commune.

Article rédigé par Jean-Luc Strebelle

Référence bibliographique :
Varroa destructor changes its cuticular hydrocarbons to mimic new hosts ; Y. Le Conte, Z. Y. Huang, M. Roux, Z. J. Zeng, J.-P. Christidès and A.-G. Bagnères ; Biology Letters ; 3 juin 2015.