La sensibilité importante des larves d'Apis Cerana à la présence du varroa a permis à cette espèce de survivre face à ce parasite

10/06/2016 - 15:56 -- RASSON Hélène

Nous savons que les colonies de l’abeille asiatique (Apis Cerana) sont l'hôte naturel de l’acarien Varroa destructor et survivent aux infections de ce parasite.  Une nouvelle étude issue de la collaboration entre le Centre de Recherches Apicoles (Agroscope, confédération Suisse), l’Institut pour la Santé de l’Abeille de l'Université de Berne en Suisse et de leurs partenaires des universités de Chiang Mai en Thaïlande et de Hangzhou en Chine met en avant une particularité importante : ce ne sont pas nécessairement les individus forts et résistants qui favorisent la survie d’une colonie, mais paradoxalement, ce sont aussi parfois les individus les plus faibles qui peuvent y contribuer.  Leur article publié dans la revue scientifique en libre accès (Nature Publishing Group), décrit un nouveau comportement de suicide altruiste chez l’abeille asiatique.  Les chercheurs ont, en effet, observé que les larves de l’abeille asiatique (Apis Cerana) sont plus sensibles face à Varroa que celles de l’abeille européenne (Apis Mellifica) et meurent plus rapidement.  Il semble que la sélection naturelle aurait contribué à ce que les abeilles plus sensibles au varroa aient contribué à la survie de leur espèce face à cette menace puisque, dans ce cas, l’immunité sociale de la colonie est plus efficace.  En effet, les larves affaiblies ou mortes et le(s) varroa(s) qui les ont parasitées sont expulsés de la colonie par les nettoyeuses.  Ce sacrifice, favorisé par la nature, permet à la colonie de survivre en empêchant la propagation du parasite.

Lien vers le communiqué de presse des chercheurs de l'Université de Berne