Un HLM à abeilles conservé au Musée du miel à Lobbes : la ruche K. F.

03/03/2013 - 09:06 -- Jean-Luc Strebelle

Au Musée du Miel à Lobbes, repose en toute quiétude une ruche K.F. presque en ordre d’être peuplée. Ce monument apicole, le musée du miel l'a acquis grâce à la bonté du Châtelain de Fouleng (commune de Silly en Hainaut), il y a quelques années. Comment est né ce « building des abeilles » ? Le RP Dom Michel PIRMIN, moine bénédictin de l’abbaye de Clervaux (Grand-Duché de Luxembourg ), jeune prêtre, s’était lié d’amitié avec un prêtre- apiculteur éminent qui avait posé le principe de la ruche et de sa conduite en se basant sur deux systèmes préexistants (d’où la dénomination K.F. ). Cet ecclésiastique s’efforça de concilier les avantages des deux systèmes fort opposés en apparence : l’un visait à empêcher l’essaimage, l’autre poussait les abeilles à essaimer et offrait ainsi la possibilité de réunion d’un plus grand nombre de butineuses. Le résultat des diverses combinaisons fut une ruche triple, très volumineuse, bien compliquée et difficile à manier. Dom M. PIRMIN se vit confier par son ami la tâche de réaliser un modèle plus pratique. Malheureusement ce dernier mourut entre-temps, non sans avoir prodigué ses félicitations et encouragements pour le résultat obtenu. Le modèle ainsi réalisé était plus pratique, se rapprochait davantage des systèmes originaux et avait donné naissance en fin de compte à la «Ruche K.F. double et perfectionnée». Ses caractéristiques nouvelles sont surtout les facilités de réunion des butineuses, grâce aux cloisons amovibles de construction spéciale et au cadre- canalisateur ; outre les parois doubles des magasins avec matelas d’air entre doublage, il y a le canal combiné avec le chasse-abeilles et, en dernier lieu, la hausse permettant de profiter d’une miellée printanière ou d’arrière-saison, à la période où le magasin à miel s’est mué en cantonnement d’hiver. Les avantages de cette ruche peuvent être résumés comme suit : possibilité pour les amateurs des systèmes originaux de suivre chacun son système préféré : ou bien l’essaimage naturel pratiqué à l’intérieur de la ruche, ou bien la prévention de l’essaimage par élargissement progressif et presque indéfini du cantonnement. Les amateurs de la conduite spécialement établie par Dom M.PIRMIN et répartie en un cycle de deux années, trouveront certainement combien la ruche « K.F. » s’ingénie à s’adapter à l’instinct de l’abeille tout en le contrariant le moins possible. Chaque colonie s’y trouve hébergée selon ses exigences : que ce soit de petits essaims, des colonies réduites sur six cadres, aussi bien que des colonies normales ou des colonies monstres qui occupent plus de quarante cadres de 7,5 dm2. Le maniement d’une telle ruche, loin d’être une besogne pénible et onéreuse, convient tout à fait à l’apiculteur qui redoute les gros travaux, à l’exception d’une copieuse récolte de miel. L’élevage des reines peut se pratiquer avantageusement à même la ruche, dans un compartiment isolé à cette fin. L’observation des abeilles est rendue facile et pleine d’attrait, grâce aux différentes parties vitrées, qui permettent à l’apiculteur de vivre avec ses mouches.